vendredi 4 mars 2011

Le rôle de la Casbah et l'avenir de la Révolution

Ce post est à l'origine un (très) long commentaire que je voulais laisser sur le blog de mon amie Emna El Hammi, en réponse à son article "Les manifestants de la Casbah, garants de la Révolution tunisienne".

J'y expose certaines de mes idées que je n'ai pas pu accoucher noir sur blanc ces derniers jours, du fait de la vitesse à laquelle les évènements se sont accélérés ces derniers temps.

J'ai préféré laissé de larges passages de l'article de Emna, pour que les lecteurs aient les deux points de vues sous les yeux et afin que chacun se fasse sa propre opinion sur la situation actuelle. 

Pendant plusieurs jours, un sit-in à la Place de la Kasbah à Tunis a réuni plusieurs milliers de Tunisiens qui exigeaient le départ de Mohamed Ghannouchi. Le Premier ministre, fidèle compagnon de Ben Ali depuis plus d’une dizaine d’années, avait jusque là ignoré les appels du peuple et avait vainement tenté de contenter la foule à travers deux remaniements ministériels. 
En marge de ces manifestations pacifistes, une centaine de jeunes «casseurs» se sont attaqués à l’avenue Habib Bourguiba, saccageant et brûlant plusieurs commerces. Une atmosphère de chaos régnait sur le centre ville de Tunis, amenant les forces de l’ordre à réagir violemment. Le bilan très lourd de ces affrontements entre policiers et jeunes est de cinq morts. On s’accorde aujourd’hui à penser que ces actes sont à décorréler des revendications des manifestants de la Kasbah. 

--> Les casseurs de l'avenue Habib Bourguiba ont été plus nombreux. Les forces de l'ordre ont réussi à arrêter une centaine de personnes, mais il y avait plus de casseurs. En plus, la corrélation entre la Casbah et les évènements de l'Avenue Bourguiba est clairement établie, notamment via une vidéo FB qui montre une jeune à la Casbah, appelant à descendre à l'avenue et "paralyser la vie économique du pays". Je pense qu'il y a des personnes ont réussi à convaincre certains jeunes de la Casbah que la révolution n'a pas réussi et qu'elle ne peut réussir que si Ghannouchi tombe et ils les ont incité à la violence. A mon avis, la révolution a réellement réussi le 14 janvier et toute violence aujourd'hui n'est plus justifiée. Si les manifestants de la Casbah ne sont pas d'accord avec la méthode (les étapes, le casting, le rythme...) c'est leur droit, mais en l'occurrence il y a eu un forcing et une escalade pour imposer des choix, qui visiblement ne faisaient pas l'unanimité, pour ne pas dire ne faisaient pas la majorité.  

Sous la pression, Ghannouchi cède 

Encore une fois, le gouvernement a réagi sous la pression populaire. Les manifestants de la Kasbah auront eu «la tête» de Ghannouchi à l’usure. «Je ne suis pas l’homme de la répression et ne le serai jamais», a-t-il déclaré dans son ultime allocution au peuple tunisien. Il aura donc fallu cinq morts pour que Ghannouchi se désolidarise de ce gouvernement, une façon pour lui de partir tout en gardant l’estime des Tunisiens. 


--> L'escalade verbale avait atteint son summum avec l'appel à exécuter Ghannouchi, ce qui constitue un grave précédent dans la vie politique en Tunisie (même Ben Ali n'a pas connu ce sort). Plusieurs vidéos circulent sur internet : une de ces vidéos montre un groupe de manifestants à la Casbah qui scande "Le peuple veut exécuter Ghannouchi". Une autre montre un intervenant reprendre ces slogans sur un plateau de télévision, et enfin, une dernière vidéo montre un autre intervenant insister sur l'exécution "politique" de Ghannouchi. Cette diabolisation de la personne de Ghannouchi et ce terrorisme verbal ont fini par faire plier le Premier Ministre, ce qui n'augure rien de bon pour l'avenir de la relation entre la rue et les gouvernants, puisque la première (qui ne représente pas le peuple dans son ensemble) peut faire appel à des formes de contestation extrémistes qui ne rentrent pas dans le cadre de la liberté d'expression afin d'obtenir des décisions.  

On a l’impression que la démission du premier ministre provient plus d’une résignation que d’un choix réfléchi. Ghannouchi semblait totalement sous pression au sein du gouvernement de transition, en témoignent ses larmes à peine contenues lors de ces deux passages télévisés. On ne peut comprendre comment cet homme aussi sensible a pu cautionner la répression aux côtés de Ben Ali. Ghannouchi n’a eu de cesse de nous avertir que l’on a évité «le bain de sang», qu’un vrai complot a été déjoué, sans jamais nous révéler le réel scénario et les acteurs. Prenant des décisions très mesurées, il essayait de contenter toute contestation, sans toutefois y répondre concrètement.

--> Juste une précision, il existe un malentendu sur le rôle réel du Premier Ministre en Tunisie. Contrairement à bon nombre de pays, le Premier ministre n'a pas de vrai pouvoir politique en Tunisie. La constitution de 1959 avait donné les pleins pouvoirs au président de la République. Le Premier Ministre (qui était, au lendemain de l'indépendance désigné par le "Secrétaire d'Etat à la présidence") était responsable du dossier économique et de l'organisation de l'administration publique. Tous les autres dossiers (sécurité, affaires étrangères, défense, etc.) remontaient directement des ministres concernés vers la Présidence (qui avait, du temps de Ben Ali, son propre gouvernement de l'ombre qui siégeait en permanence à Carthage). Cette manière de cloisonner les responsabilités et de faire un seul point focal (la Présidence) à permis aux 2 présidents de la Tunisie indépendante de tenir le pays avec une main de fer et d'affaiblir politiquement tous les ministres, y compris le Premier Ministre. Aussi, le Premier ministre ne préside presque jamais le Conseil des ministres (sauf absence du chef de l'Etat), cette fonction incombe au président de la république. 

Mais voilà, lorsqu’un peuple fait déchoir un dictateur en trois semaines, lorsque les événements s’enchaînent à une vitesse vertigineuse, quarante jours d’immobilisme sont une éternité. 

--> Je ne pense pas que les gouvernements Ghannouchi 1 et 2 ont fait preuves d'immobilisme. Il y a une panoplie de mesures révolutionnaires qui ont été prises et qui ont été plus ou moins bien relayées par les médias et en tout cas, ont été systématiquement critiquées dans un acharnement injustifié. L'impatience du citoyen lambda a été alimentée par l'impatience de certaines forces politiques et professionnelles (notamment les avocats, l'UGTT, certains médias et certains journalistes).

Les Tunisiens se divisent 
Par sa sensibilité et peut-être aussi par cet immobilisme, Ghannouchi s’était aussi attiré la sympathie d’une partie de la population tunisienne. Le soir de son départ, il s’est distingué par sa plus grande action depuis le 14 janvier 2011, réveillant ainsi la «majorité silencieuse ». Plusieurs milliers de personnes ont investi un autre lieu de la capitale, «la coupole», réclamant le retour au calme social et au travail afin de préserver l’économie du pays. 

--> La logique du gouvernement Ghannouchi 2 était une logique de continuité, et non une logique d'immobilisme. Le poste de président étant vacant, la logique voudrait que l'on continue de vivre avec un président par intérim et un gouvernement provisoire qui prépare des élections présidentielles. Toutefois, le gouvernement Ghannouchi a préféré laisser la tâche "juridique" de l'organisation des élections à une commission indépendante et à ne pas se prononcer sur une feuille de route jusqu'à ce que la commission se prononce. Une fois élu, le nouveau président pourrait dissoudre le parlement et appeler à des élections législatives. Ces élections législatives auraient débouché sur un nouveau parlement à qui on aurait donné les pouvoirs d'une Constituante ou pas, selon le programme électoral du président nouvellement élu. Ce scénario semblait être s'imposer et en tout cas il semble que dans la tête des gouvernants ce fut le cas. Le gouvernement provisoire a donc planché sur les problèmes de fond avec des solutions à moyen et long terme. Mais on l'a quelque part empêché de travailler, en l'assaillant avec des demandes à très court terme et / ou en lui posant des questions sur la feuille de route politique (sachant que ces questions auraient pu être posées à Ben Achour, qui, expert de son état, n'était de toutes façons pas capables de faire des réponses politiques de nature à rassurer les plus inquiets).

--> Le clivage des forces politiques du pays était (et est toujours) entre ceux qui préfèrent des présidentielles dans un premier temps (Ghannouchi et les technocrates, PDP, Ettajdid, CPR, ...) et ceux qui préfèrent des législatives (Ennahda -qui avait clairement annoncé sa participation aux législatives et non aux présidentielles et ce dès le lendemain du 14janvier-, PCOT et peut-être aussi l'UGTT). La campagne pour l'un et l'autre des deux scrutins ne se conduit pas de la même manière et certains sont mieux armés pour l'une que pour l'autre. Les présidentielles impliquent une reconnaissance de facto de la constitution actuelle, qui sera remise en question ou pas plus tard par le président élu. Les législatives impliquent une rupture immédiate avec la constitution actuelle, donc un risque plus grand d'instabilité politique et économique. 
Depuis le 14 janvier 2011, la liberté a été obtenue, la dignité retrouvée. Les Tunisiens ne se battent plus pour des valeurs, mais pour des idées et des intérêts. C’est sans nul doute là où les clivages ont commencé. Ben Ali, l’ennemi commun qui avait uni les Tunisiens, n’est plus. Si l’on s’accordait avant à dire que la démocratie ne pouvait venir qu’avec son départ, la voie que doit aujourd’hui emprunter la Révolution tunisienne afin de déboucher sur une vraie démocratie est loin d’être définie. Chacun y va de ses propositions, et dans un pays où la politique reste une notion très obscure, on comprend alors aisément qu’il puisse régner un vrai climat de méfiance. Les théories du complot fusent de toutes parts sur les ennemis de la Révolution. Le comité de protection de la révolution, composé de formations politiques et de plusieurs membres de la société civile, est loin d’avoir l’aval de la population. Les partis d’opposition, censés être à l’image du pluralisme idéologique des Tunisiens, sont, pour la plupart, inconnus du peuple. En qui aujourd’hui peut-on avoir confiance pour préserver les acquis de la révolution? Un vrai problème de légitimité se pose, auquel seules des élections présidentielles rapides peuvent répondre.
--> Les élections présidentielles au suffrage universel n'auront pas lieu avant "très" longtemps, voire n'auront jamais lieu. En effet, les prochaines élections pour la Constituante sont, de facto, des élections législatives (selon un code électoral révisé). Le président par intérim a bien précisé que sa mission ainsi que celle du gouvernement prendront fin avec l'élection de la Constituante. Le scénario est donc le suivant : la Constituante élue choisit parmi ses membres un président et un premier ministre qui composera un gouvernement. Nous vivrons donc une autre phase transitoire pendant laquelle le président sera celui désigné par la Constituante. Puis, la Constituante travaille sur le nouveau régime et la nouvelle Constitution. Au bout d'un certain temps (de l'ordre de un an à 18 mois) la Constituante rend sa copie, qui sera entérinée par un référendum ou par simple signature du chef de l'Etat désigné par la Constituante. Plusieurs cas sont possibles : la Constituante choisit de décréter un régime parlementaire en Tunisie (comme le cas en Turquie, en Israël, Allemagne etc), auquel cas il n'y aura pas d'élections présidentielles au suffrage universel, le prochain président sera élu par le parlement (et non par les citoyens) comme ce sera le cas pendant la Constituante. La Constituante peut choisir un régime présidentiel (USA, ancien régime tunisien) ou un régime semi-présidentiel (France) auquel cas le président du moment appellera à des présidentielles au suffrage universel (c'est le peuple qui sera appelé à voter). Le dernier cas (régime monarchiste) est exclu depuis la décision de la première Constituante du 25 juillet 1957. Dans tous les cas, pas d'élections présidentielles immédiates (cette option était plutôt celle de Ghannouchi et des technocrates, ainsi que des forces politiques qui étaient capables de présenter un candidat tout de suite, le PDP en tête).  
Le nouveau Premier ministre, Beji caïd essebssi, semble l’avoir compris. A peine a-t-il été nommé qu’il annonce déjà plusieurs mesures déterminantes: l’élection d’une assemblée constituante qui devra mettre en place une nouvelle constitution et organiser les élections rapidement. Mais aussi, l’impossibilité aux membres du gouvernement de cumuler les fonctions et de choisir entre leurs ambitions politiques et leurs actions ministérielles. Cette mesure a d’ailleurs eu pour conséquence d’entraîner une cascade de démissions au sein du gouvernement. 

--> Je pense que seul A. N. Chebbi a démissionné pour cette raison, c'est le seul à avoir des ambitions politiques affichées. Voici comment j'interprète les autres démissions : Chelbi et N. Jouini : technocrates de l'ère Ben Ali, probablement attachés à Ghannouchi et malgré tout symboles de l'ancien régime. Ahmed Brahim, parce qu'il gagnera plus à être en dehors du gouvernement qu'à l'intérieur (il a déjà beaucoup souffert des critiques pendant la période qu'il a passé au ministère de l'enseignement supérieur). E. Jouini et Zaoui sont, pour leur part, de purs technocrates incapables de gérer des dossiers politiques et / ou sociaux ni de travailler sur le très court terme, et qui étaient de toute facon venus travailler avec Ghannouchi et personne d'autre.

La Kasbah, le fief de la contestation 

Le nouveau Premier ministre reste néanmoins sous l’œil inquisiteur d’une partie de la population tunisienne. La Kasbah est encore, à ce jour, investie par de nombreux manifestants. Cette pression maintenue par le peuple sur le gouvernement est nécessaire voire indispensable. Depuis le départ de Ben Ali, ceux dont les voix se sont élevées de cette place n’ont eu de cesse de réclamer un gouvernement de transition «propre». La Kasbah a accueilli les vrais acteurs de la Révolution tunisienne, des habitants venus des régions les plus défavorisées du pays. Ceux qui ont le plus souffert pendant le régime Ben Ali, et ceux qui ont donné de leur sang et ont amené à la libération du peuple tunisien. Ceux qui, en fin de compte, ne nous trahiront jamais. La Kasbah est donc légitimement devenue le lieu symbolique de la contestation populaire. Il m’apparaît très important de garder la symbolique de ce lieu, comme le noyau de la voix du peuple. La Kasbah doit accompagner le gouvernement jusqu’aux élections présidentielles par des sit-in pacifistes, par des messages forts, peints sur les murs de la place, par des expositions artistiques. La Kasbah doit rester le lieu ultime de vigilance, de conscience et de mémoire. 

--> Il est dangereux de croire que le peuple est représenté par ceux qui sont à la Casbah (ni par ceux qui sont à la Qobba d'El Menzah). L'absence du patronat et d'une force à droite laisse craindre le pire en termes de division. L'UGTT joue toute seule en faisant prévaloir les revendications sociales, son interlocuteur légitime et historique (l'UTICA) étant entaché par la collaboration avec le régime bénaliste. Les forces de droite pouvant contrecarrer les demandes des partis de gauche sont complètement inexistants, d'où le sentiment qu'il y a une "majorité silencieuse" (qui n'est peut-être pas une majorité après tout et que le mouvement de la Qobba ne représente pas complètement). Autre "silencieux" avec qui il va falloir composer (à moins de vouloir une guerre civile) : les anciens RCDistes qui existent encore et toujours dans le pays et qui ne sont pas tous corrompus comme on veut le faire croire. Il y a plusieurs sortes de RCDistes, y compris des opposants à Ben Ali et aux Trabelsi au sein même de ce parti (comme Friaa, Jegham...). La réconciliation nationale sera une priorité dans une prochaine étape de ce long processus de démocratisation.

--> D'autre part, et de mon humble avis, le gouvernement Ghannouchi 2 était bel et bien "propre". Sa contestation s'est faite surtout sur des divergences de vision sur la feuille de route à adopter, et non sur l'appartenance ou pas à l'ancien régime (bien sur la rhétorique sur l'appartenance de Ghannouchi à l'ancien régime n'a jamais cessé, mais je ne pense pas que ce soit le fond du problème).

--> Une dernière chose, j'ai beaucoup de respect pour tous ceux qui ont fait la Casbah 2, mais à l'évidence ce sit-in a été beaucoup moins spontané que le Casbah 1. Je ne remets pas en cause la sincérité des gens sur place (bien que, de l'avis de plusieurs qui y étaient, beaucoup étaient là pour draguer et faire la fête et ne comprenaient pas les slogans scandés), mais toutefois, la direction vers laquelle ce mouvement a précipité le pays laisse penser qu'il a servi certaines parties aux dépends d'autres. De là à dire qu'il a été complètement instrumentalisé il y a un pas que je ne franchirai pas tant que je n'ai pas de preuves.

--> En conclusion je suis moins euphorique que toi, convaincu que je suis que la démocratisation aurait pu se faire aussi bien sous Ghannouchi 2 peut-être avec moins de dégâts économiques et sur un délai plus long. La plupart des acteurs politiques ont commencé leur campagne électorale au lendemain du 14 janvier et dès lors toute revendication devient suspecte, même quand elle paraît comme légitime et faite au nom du peuple. Un exemple concret juste pour illustrer : Ennahda a déclaré ne pas s'intéresser à d'éventuelles présidentielles. Pendant des semaines ce mouvement a milité pour une Constituante et un régime parlementaire. Ce que nous avons aujourd'hui c'est des élections législatives (pour la Constituante) en juillet et un régime parlementaire de facto pendant la période transitoire où la Constituante sera aux commandes du pays. Ennahda travaille pour le bien du pays ou pour son propre agenda politique ? Je me pose la question, de la même façon que je me la pose pour tous les mouvements pro-Casbah.

--> PS : il serait intéressant d'adopter une analyse marxiste-léniniste de la situation en faisant apparaître les luttes de classe. Ma propre vision des choses (très simpliste) veut que la Casbah soit un mouvement prolétaire et la Qobba un mouvement bourgeois (bien que soutenu par une large frange de la classe moyenne). L'enjeu de tout ça étant la confiscation du pouvoir d'une certaine partie de la bourgeoisie au profit d'une autre, tandis qu'on explique au "peuple" (aux prolétaires) que "leur" révolution est en train de gagner. Les mêmes qui manifestent à la Casbah manifesteront encore demain et après-demain, et même contre la Constituante une fois élue, parce qu'ils seront les premiers déçus du nouveau régime (ce que je ne souhaite pas, après tout)

jeudi 24 février 2011

Pourquoi un contre-pouvoir est-il nécessaire

Situation actuelle :


Tout d'abord, essayons de reprendre la situation actuelle en Tunisie, et qui est, de mon point de vue, une situation assez rare et inédite : 

1. D'un côté vous avez des "forces révolutionnaires" qui ont voulu (exigé !) le départ de l'ex-président. Ces forces révolutionnaires ne sont pas structurées car elles ont pris naissance au sein d'une population dépolitisée, non encadrée par les partis ni par les organisations professionnelles et syndicales. PERSONNE n'incarne la révolution (si cette personne existe, il faudrait la nommer tout de suite à la place de Ghannouchi et / ou Mebazaa). La légitimité de la révolution est portée par le peuple dans son ensemble, par toute personne ayant refusé la dictature et ayant (ou pas) milité contre elle 



2. D'un autre côté vous avez des "forces gouvernementales" qui ne sont pas en rupture totale avec le passé. Elles sont fortement contestées mais elles sont obligées (elles n'ont vraiment pas le choix, vue la pression populaire) de conduire le pays vers un Etat démocratique. Ces forces, symbolisées par Mohamed Ghannouchi ne sont pas en rupture franche avec le passé et si on les laisse travailler à leur rythme, elles mettront beaucoup de temps à transformer le pays et peuvent (par incompétence, par incompréhension de la demande populaire, ou tout simplement par mauvaise foi) ouvrir la porte à des forces réactionnaires qui ne veulent pas que la révolution réussisse (vieille garde du RCD, lobbies pro Trabelsi, anciens directeurs de la sûreté nationale et présidentielle...)

Dangers de la situation actuelle :



Comment réconcilier les deux forces citées plus haut ? L'une doit-elle éliminer l'autre ? Cette solution n'est clairement pas satisfaisante :

Si les forces révolutionnaires l'emportent complètement, ils lui faudrait des représentants pour diriger le pays. Mais qui a la légitimité de les représenter ? L'UGTT, divisée, dont la direction a longtemps soutenu Ben Ali (et cette direction est toujours en place) et qui est censée défendre des demandes SOCIALES et non pas exercer des responsabilités politiques. L'Ordre des avocats, qui est une organisation professionnelle qui doit défendre les intérêts des avocats et une justice libre (et donc ne devrait pas porter des demandes politiques) [à noter que certains membres de l'Ordre des avocats sont membres de partis politiques, comme c'est le cas de Chokri Belaïd, membre du CPR]. Ou encore les partis politiques, qui sont pour certains déjà mouillés avec Ben Ali, pour d'autres impliqués dans le gouvernement de transition, et pour ceux qui restent soit dans "front du 14 janvier", soit en dehors de toute alliance.



Si par contre on laisse le pays aux forces du gouvernement qui vont leur changer de leur plein gré et à leur rythme, nous ne sommes pas du tout sûrs d'arriver à bon port. Ce point de vue est déjà largement défendu par les uns et par les autres et je ne m'étalerai pas longtemps dessus. Le risque, en somme, est le retour de la dictature sous divers masques et par divers moyens.



Globalement 2 structures se réclament des forces révolutionnaires :

- le front du 14 janvier ne représente pas la révolution et devrait changer de nom : il s'agit d'une alliance politique qui regroupe une frange des partis d'opposition, tous de gauche, et certaines organisations professionnelles et syndicales. Il est dangereux de dire que les agriculteurs, les patrons, les étudiants, les citoyens ayant des convictions de droite, etc... sont exclus de représenter la révolution, et ce indépendamment des organisations qui les avaient représentés auparavant (et qui étaient pour la plupart proches de Ben Ali)

- le conseil de la protection de la révolution, qui se retrouvent dans la même situation mais avec une coloration moins politique (dans le sens : ses membres ne veulent pas avoir le pouvoir dans de prochaines élections). Ahmed Mestiri n'est pas plus légitime que n'importe quel autre citoyen. Lui qui avait pris sa retraite politique en 1989 n'était pas un opposant farouche de Ben Ali (sans être pour lui) et ne peut représenter une révolution de jeunes, eu égard à son âge (86 ans). 

Pouvoir et contre-pouvoir


Pour moi, il est clair qu'il faut un gouvernement de transition et un contre-pouvoir qui englobe tous les mouvements qui contestent l'action du gouvernement Ghannouchi, avec les conditions suivantes :


* le contre-pouvoir ne doit pas s'approprier la révolution, les noms sont importants, et on ne devrait pas leur permettre de s'appeler "14-Janvier" ou "conseil de la révolution". De toutes les façons, ils ne peuvent faire l'unanimité au sein du peuple et on part du principe qu'une révolution sans leader ne peut être incarnée par personne ni aucune organisation

* le contre-pouvoir devrait critiquer le gouvernement avec nuance et discernement (au lieu de tirer sur tout ce qui bouge). Il doit préserver l'arme de la dissolution immédiate du gouvernement aux situations extrêmes où il est clairement avéré que le gouvernement ne veut pas du bien pour le pays et pour la révolution. L'utilisation des termes incendiaires devrait se faire avec parcimonie parce que l'objectif des Tunisiens n'est pas de faire tomber Untel ou Untel, mais bel et bien transformer le pays et la façon de faire la politique.



* le contre-pouvoir ne devrait pas chercher sa légitimité auprès du pouvoir intérimaire ! Le conseil de la protection de la révolution avait demandé un décret de Mebazaa pour se constituer, indiquant - si j'interprète bien - qu'il cherche des pouvoirs exécutifs qu'il veut exécuter en parallèle du gouvernement de transition.

* le contre-pouvoir ne devrait pas mélanger les demandes politiques pour la période de transition avec les demandes sociales et économiques qui doivent se faire dans un climat démocratique. Exemple : ce n'est pas au gouvernement de transition de revenir sur la politique de privatisation. Cette décision doit être prise après un débat national, dans un climat démocratique et avec la participation de toutes les composantes nationales, y compris les patrons. L'UGTT veut gagner du terrain aujourd'hui, difficilement récupérable demain, mais est-ce vraiment dans le sens du bien-être de la nation dans son ensemble ?

* le contre-pouvoir devrait faire des demandes constructives et les soumettre aux autorités compétentes : justice (c'est le cas par exemple de juger Ghannouchi sur certaines privatisations douteuses et que rien n'empêche de commencer alors qu'il est encore à son poste de Premier Ministre), les commissions d'enquête (sur la répression de la Casbah, par exemple) et au besoin, au gouvernement provisoire en direct pour demander des réformes ou pour accélérer certaines actions


Le temps de l'obéissance aveugle et des applaudissements gratuits est révolu, personne ne jettera de fleurs à ce gouvernement et ses membres sont les premiers à le savoir. Mais aussi, le temps de la résistance farouche, celle qui tirait sa légitimité du devoir de lutter contre la dictature, est aussi révolu. On pouvait manquer de discernement, juger approximativement, faire des exagérations non justifiées. Tout ça est maintenant derrière nous. Maintenant il faut faire de la politique et c'est la moindre des choses que l'on attend des gens qui occupent le devant de la scène.

mercredi 23 février 2011

Propositions pour une réforme de l'audiovisuel en Tunisie


Afin de transformer la télévision et la radio nationales et afin de répondre aux attentes des citoyens après le 14 janvier 2011, nous appelons à ce que la Télévision et la Radio nationales soient : 

Une entreprise publique, détenue à 100% par l'Etat tunisien mais politiquement indépendante du pouvoir et neutre vis-à-vis de tous les partis politiques

Les garanties de cette indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif sont les suivantes :

- Cette entreprise prend des engagements de missions et rend compte de ses activités devant une commission parlementaire (composée des deux chambres parlementaires ou équivalent), et ce une fois par an


- Elle est contrôlée et suivie tout au long de l'année par une Autorité Administrative Indépendante (AAI), par exemple un Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) ou équivalent 

- L'autorité de contrôle (CSA) nomme les dirigeants de cette entreprise 

- Les membres de l'autorité de contrôle (CSA) sont eux mêmes nommés par le législatif d'une part et de l'exécutif d'autre part (seulement en cas de régime présidentiel) pour un mandat à durée déterminée. Une partie de ces membres est renouvelée 2 fois par mandat

Si ces réformes prennent nécessitent du temps pour être mises en oeuvre, ou si le gouvernement de Ghannouchi n'a pas les moyens de les appliquer, une mesure "tactique" peut consister à nommer d'urgence à la tête de la TTN une personnalité connue pour son intégrité, par exemple Habib Ghribi, Mohamed Krichen ou Leila Chaieb. Ces personnes pourront, avec leur professionnalisme, garantir le niveau minimum attendu par le public de sa télé nationale (pour laquelle, faut-il le rappeler, il paie une redevance annuelle)

Merci à Ahmed Amine Azouzi qui est à l'origine de ces propositions. Si vous êtes d'accord partagez-les à grande échelle et faites-les parvenir aux journalistes, aux hommes politiques, et aux membres du gouvernement transitoire.

samedi 22 janvier 2011

محاولة لفهم الخارطة السياسية الحالية




محاولة متواضعة لرسم الخارطة السياسية في تونس. أشكر الأصدقاء الذين ساهموا في رسم هذه الصورة 

Version 2, prenant en compte certaines de vos remarques :

- les bulles ont la même taille
- PSL n'est pas très à droite
- Ennahda n'a pas de positionnement clair gauche / droite, je l'ai rapprochée du centre tout en maintenant le fait qu'ils sont plus droite que gauche
- les partis "phagocytés par le RCD" se divisent en 2 groupes (c'est ma lecture personnelle) : ceux qui appellent à voter Ben Ali et ceux qui présentent des candidats contre lui
- RCD à la place de ex-RCD (il existe toujours légalement)
-MDS n'est pas conservateur
- Je maintiens PUP et UDU dans la partie inférieure du schéma : pour moi l'idéologie panarabe est conservatrice...  


Acronymes et équivalents en français et en arabe, par ordre alphabétique (Fr) :


CPR : Congrès pour la République المؤتمر من أجل الجمهورية
Moncef Marzouki

Ennahda : Mouvement Ennahda (renaissance) حركة النهضة
Rached Ghannouchi

Ettajdid : Mouvement Ettajdid (renouveau) حركة التجديد
Ahmed Brahim

FDTL : Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés  التكتل الديمقراطي من أجل العمل والحريات 
Mustapha Ben Jaafar

MDS : Mouvement des Démocrates Socialistes حركة الديمقراطيين الإشتراكيين 
Ismaïl Boulahya

PCOT : Parti Communiste des Ouvriers Tunisiens حزب العمال الشيوعي التونسي
Hamma Hammami

PDP : Parti Démocrate Progressiste الحزب الديمقراطي التقدمي
Ahmed Nejib Chebbi (leader historique) - Maya Jribi (1er responsable)

PSG : Parti Socialiste de Gauche الحزب الإشتراكي اليساري
Mohamed Kilani

PSL : Parti Social Libéral الحزب الإجتماعي التحرري
Mondher Thabet

PTPD : Parti du Travail Patriote et Démocratique حزب العمل الوطني الديمقراطي
Abderrazak Hammami

PUP : Parti de l'Unité Populaire حزب الوحدة الشعبية
Mohamed Bouchiha

PVP : Parti des Verts pour le Progrès حزب الخضر للتقدم
Mongi Khammassi

RCD : Rassemblement Constitutionnel Démocratique التجمع الدستوري الديمقراطي
Mohamed Ghariani

Tunisie Verte : Parti Tunisie Verte حزب تونس الخضراء
Abdelkader Zitouni

UDU : Union Démocratique Unioniste الإتحاد الديمقراطي الوحدوي
Ahmed Inoubli

mardi 18 janvier 2011

17 janvier : gouvernement d'union nationale

Aujourd'hui nous avons des raisons d'espérer : le gouvernement d'union nationale ne fait certes pas l'unanimité, mais il a donné des signaux positifs qui étaient inespérés il y a à peine 1 mois :

- Séparation de l'Etat et des partis

- Engagement dans un processus d'amnistie générale
- Abolition du ministère de la communication (propagande)
- Reconnaissance des partis non autorisés
- Retour des exilés

--> Il faut savoir que des hommes et des femmes ont milité pour avoir ne serait-ce que la moitié du dixième de ces mesures de la part de Ben Ali qui les a toujours refusé. Sachons savourer cette victoire sur la dictature qui se concrétise aujourd'hui ! Et peu importe qui prononce ces mesures à la télé, de toutes les façons tous ceux qui sont impliqués avec l'ancien régime seront jugés par les commissions indépendantes et par la justice libre d'un pays démocratique !

Quant au gouvernement, il ne peut pas par définition regrouper TOUTES les composantes politiques tunisiennes, l'ancien régime n'avait pas reconnu toutes les forces d'opposition et il faut du temps pour reconnaître le vrai poids de chaque mouvement.

Des signaux très positifs doivent être notés :

- la fausse opposition, longtemps utilisée par Ben Ali pour dire : "regardez on est démocratiques en Tunisie !" a été exclue, ce qui équivaut à une discrimination positive (MDS, PUP, UDU, PVP)

- des signaux sont envoyés à la jeunesse, surtout avec la nomination du jeune bloggeur et activiste web Slim Amamou comme secrétaire d'Etat à la jeunesse

- les RCDistes sont pour la plupart des technocrates (si ce n'est tous)

Rappelons aussi quelques éléments qui peuvent contribuer à expliquer la situation :

- faire participer des partis non autorisés peut poser problème, et on ne peut pas attendre qu'ils soient autorisés avant de former le gouvernement de coalition

- certains leaders étaient encore en exil lorsque le gouvernement a été formé

- mettre Ennahda et le PCOT dans le même gouvernement (à suposer qu'on peut les ipliquer sans qu'ils soient légaux) va créer un climat électrique entre deux tendances complètement opposés (extrême gauche et droite conservatrice). Ce climat  peut dégénérer et exploser à tout moment 

- lors des négociations, je pense que le RCD avait des cartes à jouer : la plupart des cadres de l'Etat en sont issus et son exclusion pure et simple peut avoir des conséquences catastrophiques sur le fonctionnement de l'Etat

Je vous rappelle que les RCDistes vous ne les voyez pas, mais ils sont nombreux et ils tiennent presque tous les points de contrôle de l'Etat. C'est pas parce qu'on en les voit pas sur Facebook ou sur Twitter qu'ils sont faibles ou peu nombreux.

Le RCD sortira de l'histoire au bon moment. Soit par dissolution, soit par des élections démocratiques dans lesquelles il va se prendre un vote sanction, soit encore en se divisant en plusieurs partis. Nous avons beaucoup d'exemples dans le monde de liquidation de parti unique ou quasi unique. La dissolution toute suite sous la pression de la rue me paraît une demande exagérée dans les conditions actuelles où la sécurité est une priorité, à côté de la transition démocratique transparente et saine.

dimanche 16 janvier 2011

المشهد السياسي التونسي : 2 ـ المعارضة الموالية


محاولة مني لمساعدة الكثيرين على التعرف على المشهد السياسي التونسي غداة الثورة ، أقترح عليكم وصفا لهذا المشهد كما أراه اليوم علما بأن ما أنشره يمكن أن تنقصه الدقة وهو يعبر عن وجهة نظري الناتج عن متابعتي للأحداث منذ بضعة سنوات. المرجو منكم التصحيح إن ثبت خطأ بعض المعلومات التي أنشرها على هذه المدونة

ثانيا : المعارضة الموالية ، وهي المعارضة التي تساند خيارات 7 نوفمبر ولا تقدم مرشحين للرئاسية لأنها تساند بصريح العبارة مرشح التجمع ، وهي تتكون من : حركة الديمقراطيين الإشتراكيين (اسماعيل بولحية) ، الحزب الإجتماعي التحرري (منذر ثابت) وحزب الخضر للتقدم (المنجي الخماسي) 

 حركة الديمقراطيين الإشتراكيين (اسماعيل بولحية) 

هذه الحركة (وتسمى اختصارا ح. د. ش) أسسست من طرف أحمد المستيري الذي انشق عن الحزب الدستوري وعن بورڨيبة في نهاية السبعينات وشاركت في أول انتخابات تعددية سنة 1981. يقال أن ح د ش نجحت في تلك الإنتخابات في عدة دوائر حساسة منها تونس وصفاقس، لكن مسؤولي الحزب الحاكم والدولة أعلموا بورڨيبة بذلك وأمر بورڨيبة بتزوير الإنتخابات

بدأت ح د ش عهد 7 نوفمبر بالتوقيع على الميثاق الوطني في 1988 ثم وفي التسعينات لما انتقد محمد مواعدة (الأمين العام في ذلك الوقت) حال الحريات العامة في ظل نظام بن علي ، تم الزج به في السجن ثم العفو عنه. وقد أعيد الزج به في السجن مرة ثانية في بداية سنوات الألفين بسبب تقربه من حركة النهضة

أصبحت ح د ش في نهاية عهد بن علي أحد أبواق الدعاية للنظام إذ دعت إلى إنتخاب بن علي في 2004 وفي 2009 وصارت تظهر على شاشات التلفاز على اعتبار أنها "معارضة" في حين أنها حزب موال للنظام وللحزب الحاكم. حتى مواعدة نفسه أصبح عضوا في مجلس المستشارين يعيد علينا خطب الولاء لصانع التغيير

تصدر الحركة صحيفة المستقبل ولا تلقى حسب علمي تضييقات على نشرها و لديها 16 نائب في مجلس النواب

تقول الحركة على موقعها : " التصور المذهبي للحركة يقوم على أضلع ثلاثة هي: الديمقراطية والاشتراكية والهوية العربية الإسلامية بناء عليه آمنت حركة الديمقراطيين الاشتراكيين بأن الشعب التونسي هو "مصدر الشرعية الأساسي والوحيد"، وبذلك أكدت رفضها للحكم الفردي ولكل سلطة تنفصل عن الشعب وتستبد به، وتجرده من صلاحياته التي نص عليها الدستور."

ولمعرفة الإتجاه السياسي لـح د ش ، الرجاء الإطلاع على هذه الصفحة في موقعها الإلكتروني 

الحزب الإجتماعي التحرري (منذر ثابت)

حزب يقدم نفسه على أنه ذو توجه ليبرالي ظهر بإسمه الحالي في 1993. قدم مرشحا ضد بن علي في 2004 هو منير الباجي، ثم تولى منذر ثابت المسؤولية الأولى في الحزب في 2006 ولم يقدم الحزب التحرري مرشحا ضد بن علي في 2009

منذر ثابت من أشد المدافعين عن بن علي وهو ليبرالي في حين أن له ماض يساري وقد استعملته أجهزة الدعاية والصحافة المأجورة للنظام حتى تبين للرأي العام أنه هنالك حرية رأي في تونس وأن هناك معارضين لديهم الحق في التحدث بحرية 

حسب علمي ليس للتحرري صحيفة ولا موقع إلكتروني وله 8 نواب في مجلس النواب

حزب الخضر للتقدم (المنجي الخماسي) 

انقسم عن التحرري في 2005 وقام بمؤتمره التأسيسي في 2008. يقدم نفسه على أساس أنه حزب إيكولوجي ولكن تجدر الإشارة إلى أن حزب الخضر الأوروبي لا يعترف بذلك ويعتبر أن الحزب الإيكولوجي الحقيقي في تونس هو حزب تونس الخضراء وهو حزب غير معترف به

في انتخابات 2009 دعا الخضر للتقدم للتصويت لبن علي ، ولازالت دعوات التصويت ظاهرة على موقع الحزب الإلكتروني

لحزب الخضر للتقدم 6 نواب في مجلس النواب

حسب علمي ليس للخضر للتقدم صحيفة  وله موقع إلكتروني هنا

المشهد السياسي التونسي : 1- التجمع الدستوري الديمقراطي


محاولة مني لمساعدة الكثيرين على التعرف على المشهد السياسي التونسي غداة الثورة ، أقترح عليكم وصفا لهذا المشهد كما أراه اليوم علما بأن ما أنشره يمكن أن تنقصه الدقة وهو يعبر عن وجهة نظري الناتج عن متابعتي للأحداث منذ بضعة سنوات. المرجو منكم التصحيح إن ثبت خطأ بعض المعلومات التي أنشرها على هذه المدونة

ـ أولا : التجمع الدستوري الديمقراطي وهو الحزب الحاكم منذ 1956 (بعد تغيير اسمه مرات عديدة) وهو المسيطر على البلاد وعلى أجهزة الدولة

أسسه بورڨيبة سنة 1934 عندما انشق عن الحزب الحر الدستوري وأسس الحزب الحر الدستوري الجديد . كان في طليعة القوى الوطنية التي ساهمت في الحركة الوطنية وحررت البلاد من الإستعمار. قاد البلاد بعد الإستقلال وكان الحزب الوحيد المعترف به لفترات طويلة . مثل الجهاز السياسي الذي اعتمد عليه بورڨيبة طيلة فترة حكمه ، إذ كان مدير الحزب على سبيل المثال يحضر اجتماعات مجلس الوزراء

في سنة 1964 اعتمد الإشتراكية وغير إسمه إلى الحزب الإشتراكي الدستوري وهو المسؤول الأول عن 

ـ تجربة التعاضد الفاشلة ونتائجها الكارثية

ـ المناداة ببورڨيبة رئيسا مدى الحياة في مؤتمر الحزب سنة 1974

ـ تزوير الإنتخابات التعددية في 1981

رغم كل ذلك ، ورغم وضعية الحزب المزرية  في 1987 اختار الرئيس السابق بن علي الإعتماد على نفس هذا الحزب لإدارة الدولة رغم أنه كانت لديه فرصة لتأسيس حزب جديد على قواعد جديدة. أعلن بن علي في 20 مارس 1988 عن تبديل إسمه إلى التجمع الدستوري الديمقراطي ودعا إلى مؤتمر جديد سمي مؤتمر الإنقاذ

إقتصاديا دخل الحزب منذ الستينات العالمية الإشتراكية وطبق سياسات يسارية سرعان ما تخلى عنها في السبعينات في عهد الهادي نويرة ، وقد تأكد التوجه اليميني للحزب في عهد بن علي إذ تمة خوصصة عديد مؤسسات العمومية . لكن الحزب لا يحمل توجها واضح المعالم لأنه تحول إلى بوق دعاية لخيارات بن علي في السنوات الأخيرة

اليوم ، التجمع يمثل 

ـ بوق دعاية لخيارات بن علي أيا كانت تلك الخيارات : صائبة أم لا، يسارية أم يمينية ، محافظة أم ليبيرالية

ـ شبكة علاقات بين المسؤولين على كل المستويات : المستوى الوطني والجهوي والمحلي

ـ خزان كبير من الكوادر والكفاء ات الوطنية التي أجبرت بطريقة أوبأخرى على الإنخراط فيه

ـ شبكة متغلغلة في كل الشعب التونسي من خلال الشُعَب الترابية (في كل قرية وكل أحياء المدن) والشُعَب المهنية (في تقريبا كل المهن ، وهو مايمثل منافسة للنقابات). رأيي الخاص : من المستعجل ، ومن مصلحة تونس ، حل كل الشعب المهنية دون استثناء ومنع تكوين الأحزاب في المستقبل لمثل هذه الشعب

اليوم هذا الحزب ذو مستقبل مجهول باعتباره أحد المسؤولين الرئيسيين عن فترة نظام 7 نوفمبر . من الممكن حل الحزب أو انقسامه لعدة أحزاب ، لكن ذلك لا يمكن فرضه من خارج الحزب بل هو في يد هياكل الحزب ومنخرطيه